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Le blog de la Bergerie de Villarceaux

Séminaire ISIGE 2014 : Les Mines à Villarceaux (2/2)

  
Billet rédigé par les élèves du mastère spécialisé Ingénierie et Gestion de l’Environnement de l’Institut Supérieur d’Ingénierie et de Gestion de l’Environnement de l’Ecole des Mines.

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Retour sur la seconde journée du séminaire : Après le peak oil, le peak food ?
  

Ce matin, Philippe Pointererau, directeur du pôle agriculture de SOLAGRO (association créée conjointement par des étudiants et professeurs sur la thématique de l’énergie en agriculture) nous a présenté le scénario Afterres2050. Ce scénario rejoint celui de Negawatt dans son concept de sobriété.

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L’objectif que se donne le scénario pour 2050 est de produire suffisamment, et suffisamment bien, pour nourrir 72 millions de français, produire des matériaux et de l’énergie. Ce résultat doit être atteint tout en améliorant la fertilité des sols, la qualité des eaux, la biodiversité et réduire par 4 les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons pu noter que le scénario n’inclut néanmoins pas la dimension économique, notamment celle des emplois agricoles.

Alors que mangerons-nous en 2050 ?

 
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En 2050, le scénario Afterres205 propose un mix agricole 50% biologique, 50% en production intégrée, qui nous permettrait de nourrir 72 millions de français et continuer certaines exportations. Pour réaliser ce nouveau modèle agricole, le contenu de notre assiette ainsi que les pratiques agricoles et d’élevage devront changer. Les pratiques culinaires et agricoles futures peuvent se résumer ainsi :

• Plus de fruits, légumes, céréales et une réduction drastique de la consommation de viande, de lait et de sucre. Que les plus carnivores d’entre nous se rassurent, le scénario Afterres2050 n’élimine pas totalement la viande, il la ramène à 16% de l’apport en protéine, contre 29% en 2010. La consommation de poisson diminue aussi, tout comme celle de lait, alors que la part de protéines d’origine végétale augmente, passant de 37% à 65% de l’apport total en protéines.

• La fin de la monoculture au profit de polycultures où les sols ne sont jamais nus, les parcelles produisant jusqu’à 6 productions différentes avec : des rotations plus longues, des assolements intégrant des légumineuses, un travail simplifié des sols, des cultures intercalaires qui maintiennent un couvert végétal permanent et l’introduction massive d’infrastructures agro écologiques (telles que des haies, arbres épars et zones humides).

• Le cheptel français est réduit par 2, à l’exception des ovins. L’élevage intensif est divisé par 3, mais pas supprimé pour garder des protéines animales bon marché, accessibles à toutes les catégories de la population.


Si ce scénario a le mérite de nous indiquer un objectif clair, une question a été récurrente parmi notre promotion : Comment amorcer concrètement une transition agro-écologique? Beaucoup de réflexions pluridisciplinaires et d’expérimentations sont à mener pour répondre à cette question…

D’ailleurs, Rennes Agglomération a sans le savoir pu étudier cette question à l’échelle d’un territoire, de manière spécifique à cette ville de taille moyenne. C’est ce qu’a pu nous montrer Catherine Darrot d’Agrocampus Ouest.

Le projet « Rennes, Ville Vivrière », mené depuis 3 ans par les étudiants qu’elle encadre, a été initié afin de répondre localement à 3 questions : Manque-t-on d’espace productif ? Sacrifie-t-on les emplois de l’agro-alimentaire ? La population y est-elle disposée ? Il permet chaque année de se poser une nouvelle question sur un scénario d’autonomie alimentaire de Rennes Métropole.

Dans un premier temps, les étudiants ont défini des scénarios prospectifs à horizon 2020, un scénario tendanciel où l’on conserve le modèle alimentaire actuel, et un scénario d’autonomie poussé à l’extrême (bio, local, avec réduction de la consommation de viande, utilisation de tous les espaces naturels pour cultiver, y compris les jardins publics et les toits plats). Ils ont calculé les surfaces nécessaires pour nourrir l’ensemble des habitants de Rennes Métropole.

Dans un 2e temps, ils ont définis un modèle logistique et commercial pour ces scénarios et les ont comparé au regard de leur impact sur l’emploi. Il en ressort que le changement de modèle (vers l’autonomie) n’impacte que très faiblement les emplois (transfert d’emplois de l’industrie vers l’agriculture). Une étude sociologique a été menée en parallèle pour recueillir l’avis et les pratiques de la population. Nous avons été marqué par l’un des résultats de cette étude, à savoir, les rennais sont prêts à « réduire la viande si une politique publique l’impose pour le bien commun ».

Les résultats de ces études sont disponibles sur le blog :http://www.adt-rennes.com/

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